Depuis le début de la pandémie, les masques sont devenus l’outil incontournable, objet de toutes les convoitises. Le service de médecine préventive du CdG62 fait le point sur les différents dispositifs qui existent.

Les masques ont des niveaux de filtration variables, testés et classés. Différentes normes existent pour différents types de masques, à adapter selon le risque et l’usage. Dans tous les cas, il convient de se référer aux conseils des préventeurs pour le choix du masque adapté à chaque situation professionnelle. Quels sont donc les différents types de masques et quelle est leur utilité ?

 

Le masque « barrière » ou « grand public »

Masque grand public

Ces masques sont souvent des masques « faits maison ». Ils sont parfois réalisés par des particuliers mais peuvent aussi avoir été conçus par des néofabricants (plus industriels que maison) qui ont souhaité participer à la lutte contre la propagation du virus. Certains de ces masques en tissu ont néanmoins la norme AFNOR Spec S76-001. Cette norme fixe des règles de fabrication pour assurer une qualité homogène à la production de masques barrière.

Les masques en tissu maison protègent moins bien que les masques FFP2 ou chirurgicaux, mais sont utiles. Il faut cependant faire attention au choix du tissu et à son épaisseur (il vaut mieux ne pas utiliser du lin ou des vieux t-shirts, dont la trame n’est pas assez serrée). Le modèle doit également épouser les contours du nez, afin qu’il y ait le moins d’interstices possibles. Le patron et les instructions de réalisation diffusées par le CHU de Grenoble (lien vers le site Internet au bas de l’article) donnent un résultat correct. Le masque est constitué d’une première épaisseur en coton épais et d’une doublure plus légère. Entre les deux vient s’intercaler un morceau de sac d’aspirateur ou de molleton. Une fois le masque terminé, tout l’enjeu consiste ensuite à l’utiliser correctement.

Attention, mettre un masque en tissu et se croire à l’abri du Coronavirus est une erreur, le masque n’est rien s’il n’est pas accompagné de mesures strictes de lavage des mains et de mesures barrière.

Pas question de le garder des heures, ou de l’enlever et de le remettre sans cesse : il serait très vite contaminé. Un masque artisanal en tissu n’est efficace que le temps de quelques courses à l’extérieur. Il faut le mettre en place au moment de partir, après s’être lavé les mains, et attendre d’être rentré pour l’ôter. Un nettoyage s’impose après chaque utilisation, idéalement lavage à 60 degrés minimum pendant au moins 30 mn.

Les masques barrières et autres masques en tissu n’ont pas les performances des masques FFP2. Les collectivités devront évaluer si ces substituts sont adaptés aux risques encourus aux postes de travail. Les personnes doivent ajuster ces masques au-dessus du nez et sous le menton et respecter les mêmes mesures d'hygiène que pour les autres masques.

 

Le masque « chirurgical »

Masque chirurgical

« Un masque chirurgical est un dispositif médical (norme EN 14683). Il est destiné à éviter la projection vers l’entourage des gouttelettes émises par celui qui porte le masque. Il protège également celui qui le porte contre les projections de gouttelettes émises par une personne en vis-à-vis. En revanche, il ne protège pas contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air. » source INRS.

Puisqu’ils ne protègent pas contre les très petites particules, ils n’empêchent pas la contagion mais sont utiles pour ne pas se toucher le visage lors que vous êtes en milieu exposé. Pour garder leur efficacité, il faut les renouveler régulièrement (toutes les 3 heures au moins).

 

Le masque « FFP »

Masque FFP

La norme FFP vient de l’anglais Filtering Facepiece Particles, pièce faciale filtrante contre les particules.

Un masque FFP est un appareil de protection respiratoire (norme NF EN 149). Il est destiné à protéger celui qui le porte à la fois contre l’inhalation de gouttelettes et des particules en suspension dans l’air, qui pourraient contenir des agents infectieux. Le port de ce type de masque est plus contraignant (inconfort thermique, résistance respiratoire) que celui d’un masque chirurgical. Il existe trois catégories de masques FFP, selon leur efficacité (estimée en fonction de l’efficacité du filtre et de la fuite au visage). Ainsi, on distingue :

  • Les masques FFP1 filtrant au moins 80 % des aérosols (fuite totale vers l’intérieur < 22 %). Ces masques sont des dispositifs anti poussières, ils sont utilisés essentiellement pour le bricolage.
  • Les masques FFP2 filtrant au moins 94 % des aérosols (fuite totale vers l’intérieur < 8 %). Ceux-ci sont utilisés en milieu de soins très exposés au risque de COVID-19
  • Les masques FFP3 filtrant au moins 99 % des aérosols (fuite totale vers l’intérieur < 2 %). Ces derniers sont des masques à cartouches.

 

Le masque à visière plastique

Visière de protection

Ils sont utiles pour éviter la projection de gouttelettes sur les yeux et le visage, ils ne protègent pas des particules restant en suspension et donc n’ont pas l’efficacité des masques de protection respiratoire. Ils sont donc complémentaires. Il faut nettoyer les deux faces de l’écran en plastique et ne pas se toucher le visage sous la visière.

 

Instructions de fabrication de masques barrières - AFNOR (Source : afnor.org)
Patron de masque barrière en tissu - CHU de Grenoble (Source : www.hospitalia.fr)

Pour aller plus loin sur la question des masques, retrouverez ci-dessous quelques lien vers des compléments d’information :

Foire aux questions sur les masques de protection respiratoires et les risques biologiques - INRS (Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) (Source : www.inrs.fr)
Foire aux questions sur les masques barrières - AFNOR (Source : afnor.org)

Nouveau coronavirus - À quoi servent vraiment les masques chirurgicaux ? (Source : www.quechoisir.org)
Coronavirus - Comment bien se servir d’un masque (Source : www.quechoisir.org)